jeudi, 14 décembre 2017
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Historique de Saint-Thurien

(d'après l'ouvrage de François MINIOU publié en 1986)

 

 

La paroisse de SAINT-THURIEN, fondée au Xe ou XIe siècle, appartient au diocèse de Cornouaille (Quimper) fondé au VIème siècle, au département du Finistère (1790), à l'arrondissement de Quimper (1790) et au canton de Scaër (1801). Elle est devenue commune en 1790.

Préhistoire

Les préhistoriens assurent qu'aux dernières grands glaciations (-100 000 à -10 000 ans avant notre ère), des troupeaux de mammouths, de rhinocéros, d'ours, de bisons, de rennes, de chevaux sauvages poursuivis par des hordes de loups ont traversé la toundra sibérienne qu'était alors notre Bretagne sous la glace, la neige et un soleil avare de rayons. On a retrouvé, en divers points de notre péninsule et dans le sable de nos côtes les squelettes de ces animaux d'un autre âge qui ont foulé notre commune.

Période celte

Cinq siècles avant notre ère, les Celtes venus des bords du Danube investissaient la péninsule qu'ils dénommèrent Armorique (Ar Mor : la mer) lui apportant une civilisation évoluée : la religion druidique, la langue celte que nous, Bretons, sommes parmi les derniers à parler.

Période gallo-romaine

La toponymie de SAINT-THURIEN suggère une présence gallo-romaine aux Ier, IIe et IIIe siècles :

- Kerroux : relais en briques rouges sur une voie romaine,
- Magorou (de moguer : murailles) : poste militaire,
- Ty-roudou : vieux chemin.

Naissance d'une paroisse

Il semblerait qu'un clan du comté de Clamorgan (Pays de Galles) ait remonté la Laïta pour occuper pacifiquement entre l'Isole, l'Ellé et le ruisseau du Naïc, l'ancien fundi gallo-romain d'Yulac. La paroisse primitive d'Yulac donnera naissance aux XIe-XIIe siècles à Locunolé (Loc-Guénolé), à Tréméven (Trêve d'Even), à Querrien (Kerrien, évêque et moine irlandais) et à Saint-Thurien (évêque de Dol, mort en 780).

Un saint breton pour une paroisse bretonne

Saint Thurien est né en Armorique à la fin du VIIe siècle de parents issus du Pays de Galles. Il retourna au pays de ses pères dans un monastère (Llan Iltud) où on formait des missionnaires de choc pour le pays de Breiz-Izel considéré comme une terre de mission à fortifier dans la foi. Il parcourut la Bretagne du nord au sud, d'est en ouest. Il succéda à saint Samson, fondateur de l'évêché - abbaye de Dol. Usé, il démissionna de son siège de Dol pour se retirer, en simple moine, au monastère de Saint-Leuffroy en Normandie (près d'Evreux) où il mourut le 13 juillet 750.

Quatre communes portent son nom :

- Saint-Thurien (Finistère),
- Saint-Thurien de Belleville (Eure),
- Saint-Thurial (Ille-et-Vilaine),
- Saint-Thuriau (Morbihan).

Le nom de notre paroisse a connu des formes successives : Sanct-Tourhan (XIIe siècle), Saint Ourhan, Saint Urien, Saint Curien..., Saint-Urien-Trefguennou en 1709 ; en 1720, la forme Saint-Thurien est stabilisée.


 

Le Moyen-Âge

Jusqu'en 1789, Saint-Thurien sera une paroisse à deux têtes et possédant deux "villes parochialles" : le bourg actuel et Trévennou, chacune ayant église et cimetière.

Une petite école fonctionne 4 heures par jour (2 heures le matin et 2 heures l'après-midi) et 5 jours par semaine. On y apprend l'histoire biblique mais aussi à lire, à écrire, à compter en français et en breton. (C'est sans doute pour cela que le premier maire de Saint-Thurien, Louis DERRIEN, pourra correspondre avec les autorités révolutionnaires dans un français très convenable). Après la fermeture de cette école, les enfants de Saint-Thurien échapperont à toute scolarisation pendant près d'un siècle.

La Révolution de 1789

En mars 1789, le sénéchal de Quimperlé invite la paroisse de Saint-Thurien à établir un "cahier de doléances". Le recteur, Le Clech, rédigera le cahier qui fut débattu et boté par le "général" [assemblée de 12 membres désignés par la communauté qui doit se pencher sur les problèmes généraux (voirie, corvées, impôts...), ancêtre du conseil municipal] et toute la population. Il insistait sur la suppression des corvées, une répartition plus équitable des impôts...

Le premier maire de la commune présidait déjà le "général". Né à Kerboudou, cultivateur à Kerroux, père de trois enfants, Louis DERRIEN sera juge de paix au canton de Querrien/ Saint-Thurien. Ces deux communes seront rattachées au canton de Scaër en 1801. Il sera élu "administrateur" (conseiller général) du département avec son collègue POSTIC de Scaër. Ils se trouveront tous deux impliqués dans l'impitoyable répression que Robespierre, qui à Paris dominait la Convention, exercera à l'encontre de ses adversaires politiques : les Girondins, partisans du libéralisme que soutenaient tous les élus finistériens. Conscients de leur innocence, ils s'étaient tous les deux présentés aux juges. Après un simulacre de jugement, ils seront condamnés à mort à Brest et guillotinés sur la place du château le 26 mai 1794.

Saint-Thurien au XIXe siècle

Les moyens de la commune sont modestes et les problèmes ne manquent pas. Il n'y a pas d'école et le conseil municipal, dont les 2/3 ne savent signer leur nom, n'en voient pas la nécessité et n'ont pas les moyens de financement. L'état des routes est pitoyable. Saint-Thurien a ses indigents, ses mendiants. Elle est à l'image de tout l'arrondissement qui, en de nombreux domaines, accuse du retard et passe pour "arriéré". Avec la multiplication des auberges, l'arrondissement a une réputation peu flatteuse quant à la sobriété. Saint-Thurien compte 17 auberges à cette époque.

En 1878, le gouvernement propose des subventions pour la construction d'écoles. Le Maire, François PUSTOCH de Croshuel, envisage alors la construction d'un ensemble qui comprendrait une mairie et deux écoles. En 1914, chacune aura 5 classes.

Vers 1880, l'église tournait à la ruine. Il avait fallu, après une tempête, descendre son clocher. L'église avait été reconstruite en 1683 par M. DE GOURVENNEC, recteur de l'époque sur l'emplacement d'une autre église antérieure de 5 ou 6 siècles qu'entourait le cimetière. La reconstruction fut réalisée pour moins de 40 000 F (or). Le clocher fut édifié en 1897 et sera occupé, en 1898, par 3 cloches.

La commune se dote d'un nouveau cimetière sur la route de Scaër en 1902 ; mais l'ancien cimetière, situé à proximité de l'église, conserva ses vieilles tombes durant 30 années encore. Depuis, y ont pris place un menhir préhistorique, un calvaire du XVIe siècle et le monument aux morts des deux dernières guerres.

Puis arrivent les premières bicyclettes, voitures, motos, camions, avions (vers 1917).

Guerre 1914-1918

Le tocsin de la guerre (2 août 1914) éclate en pleine moisson vidant la commune de sa population active pour quatre années. Réquisitions et rationnements deviennent sévères. Les boulangeries resteront fermées plusieurs mois faute de farine et un journal titrera : "les affamés de Saint-Thurien". La liste des morts au champ d'honneur des grands blessés s'allonge de mois en mois. Et, le 11 novembre 1918, sonnent tout l'après-midi les cloches de l'armistice. Le soir, un grand défilé réunit toute la commune. Devant la mairie, le Maire, Job COTONNEC, lit un discours. On brûle en effigie le fauteur de la guerre, Guillaume II, empereur d'Allemagne.

 


 

Les Maires de Saint-Thurien

GUILLORE           JAFFRE           DERRIEN          GAONACH

 

HERVE          FERREC            PUSTOCH         LE GALL

 

COTONNEC           BUQUEN

 

                                          

 


 

Patrimoine de Saint-Thurien

- Stèle (Ve-IVe siècle avant J.C.) - église

- Statuette (fin du Moyen Âge) - Loge Bleiz

- Calvaire (XVIe siècle) - église

- Baptistière (XVIe-XVIIe siècles) - église

- Piéta (XVIIe siècle) - église

- Fontaine-Lavoir de Stang-Feunteun (XVIIe siècle)

- Manoir des Salles (1798)

- Auge, Puits, four à Magorou (1827-1875)

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- Penty à Magorou (1882)

- Église de Saint Thurien (1886-1897)

- Saint Roch (XIXe siècle) - église

- Croix de Kersaint

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- Vitrail (1926) - église

 

 

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